Une nouvelle alerte politique et économique vient d’être lancée depuis l’Assemblée nationale. L’honorable Niongo Nsuami Marie-Josée élue de la ville de Boma a officiellement adressé une question orale avec débat au ministre de la Pêche et Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Bwana, autour d’un dossier explosif : l’abandon présumé de trois navires de pêche industrielle au port de Boma.
Selon le contenu de la question orale avec débat déposée au bureau du rapporteur et du Président de l’Assemblée nationale en date du 23 avril 2026, ces bateaux baptisés Étienne Tshisekedi wa Mulumba, Simon Kimbangu et Patrice Emery Lumumba , avaient pourtant été acquis par le gouvernement de la République démocratique du Congo dans le cadre d’un ambitieux programme de relance du secteur halieutique. Objectif affiché : réduire la dépendance du pays aux importations de poissons et renforcer la souveraineté alimentaire.
Mais sur le terrain, la réalité semble tout autre.
Un symbole national laissé à l’abandon ?

Accostés depuis le 18 juillet 2025 au port international de Boma, ces navires censés incarner la renaissance de la pêche industrielle congolaise seraient aujourd’hui inexploités. Une situation jugée préoccupante par la députée, qui évoque un gâchis économique et une incohérence dans la gestion des investissements publics.
Cette interpellation parlementaire, fondée sur les articles 100 de la Constitution et plusieurs dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, met le gouvernement face à ses responsabilités. Elle exige des réponses claires sur les raisons de cet immobilisme et sur les mesures envisagées pour redonner vie à ces outils stratégiques.
Un enjeu économique et social majeur
Au-delà de la polémique, c’est toute la question de la politique de développement du secteur halieutique qui est posée. Dans un pays où la demande en produits halieutiques ne cesse de croître, l’inactivité de tels équipements représente un manque à gagner considérable, tant pour l’économie nationale que pour les populations locales.
À Boma, ville portuaire au potentiel stratégique, cette situation alimente frustration et incompréhension. Comment expliquer que des investissements aussi lourds restent sans impact visible sur le quotidien des citoyens ?
Vers un débat décisif à Kinshasa
La question orale avec débat annoncée pourrait marquer un tournant. Elle ouvre la voie à un examen public de la gestion du dossier, avec à la clé une possible pression politique accrue sur le ministère concerné.
Dans un contexte où la gouvernance et la redevabilité sont de plus en plus scrutées, cette affaire pourrait devenir un test de transparence pour les autorités.
la Rédaction de Temperature26.cd suivra de près l’évolution de ce dossier qui touche à la fois à la dignité nationale, à l’efficacité de l’action publique et à l’avenir économique du pays.
Charles Muzadi






