La nuit de mardi 11 à mercredi 12 novembre a plongé la capitale congolaise dans le chaos. Une pluie d’une violence exceptionnelle s’est abattue sur Kinshasa, laissant derrière elle un paysage dévasté. Dans la commune de Mont-Ngafula, la route Kimwenza-Gare a été littéralement déchirée par une érosion gigantesque, coupant l’un des axes stratégiques du sud-ouest de la capitale.
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Face à l’ampleur des dégâts, le ministre des Infrastructures et Travaux Publics, John Banza Lunda, actuellement en déplacement officiel à l’étranger, a instruit son cabinet d’envoyer en urgence une équipe technique pour évaluer la situation. Celle-ci a dressé un premier rapport alarmant.
Un axe vital entièrement sectionné

Les ingénieurs dépêchés sur place ont constaté que :
- la route Kimwenza-Gare est entièrement sectionnée, rendant tout passage impossible ;
- une canalisation défectueuse de la REGIDESO a aggravé l’effondrement, l’eau s’infiltrant sous le sol déjà fragilisé ;
- une habitation a été engloutie, provoquant la mort d’un habitant du quartier ;
- la victime, héroïque, avait réussi à mettre sa famille à l’abri avant d’être emportée ;
- la route relève de la compétence de l’Hôtel de Ville de Kinshasa, en raison de son importance dans la connexion entre Kimwenza-Gare et la Rocade.
Cette tragédie rappelle, encore une fois, la fragilité des infrastructures urbaines face aux pluies diluviennes, un phénomène de plus en plus fréquent dans le contexte du changement climatique.
Un drame humain, un signal d’alarme
La mort d’un citoyen dans l’effondrement de sa propre maison n’est pas qu’un fait divers : c’est le symbole d’un système d’aménagement dépassé, où les habitants se retrouvent souvent seuls face aux risques naturels.
À Mont-Ngafula, commune régulièrement frappée par les glissements de terrain, cette nouvelle érosion témoigne de l’urgence absolue de renforcer les ouvrages de drainage, de moderniser les canalisations et de mettre fin aux constructions non sécurisées dans les zones à risque.
L’État se mobilise, mais la population exige des résultats
Bien que hors du pays, le ministre John Banza Lunda affirme suivre la situation de près. Il supervise personnellement la coordination de la réponse technique et promet un début rapide des travaux de réparation. La mission technique recommande d’ailleurs d’accélérer les interventions pour :
- rétablir la circulation dans les plus brefs délais ;
- sécuriser les abords de la route pour éviter de nouveaux drames ;
- renforcer la résilience du site face aux futures intempéries.
Ce geste de réactivité gouvernementale s’inscrit dans la vision du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, qui ont fait de la résilience urbaine et de la sécurité publique une priorité nationale.
Entre promesses et réalité : un test pour les autorités
Si l’engagement politique est affirmé, les habitants de Mont-Ngafula attendent désormais des actions rapides et concrètes. Chaque saison des pluies ravive les mêmes scènes : routes effondrées, maisons emportées, familles endeuillées.
Cette érosion n’est pas seulement un accident ; c’est un rappel brutal que Kinshasa doit accélérer sa transformation urbaine pour protéger ses habitants.
La reconstruction de la route Kimwenza-Gare sera un test.
Un test de coordination institutionnelle, de transparence dans l’exécution des travaux, et surtout de la capacité de l’État à anticiper plutôt qu’à réagir.
Charles Muzadi






