Dans les coulisses de la gouvernance locale, un cri d’alarme résonne : les bourgmestres des 24 communes de Kinshasa tirent la sonnette d’alarme face à une pénurie généralisée de ressources. Depuis leur nomination, ces responsables locaux affirment n’avoir perçu ni frais d’installation, ni frais de fonctionnement, ni même leurs émoluments.
Cette situation les plonge dans une impuissance quasi totale pour répondre aux besoins urgents de leurs juridictions, notamment la lutte contre l’insalubrité, devenue un véritable défi urbain.
Des communes sans moyens, une capitale asphyxiée
Kinshasa, ville aux 17 millions d’habitants, étouffe sous les déchets, les inondations périodiques et l’absence d’entretien des espaces publics. Les bourgmestres, en première ligne face aux citoyens, reconnaissent ne plus avoir les leviers pour agir efficacement.
“Comment peut-on nous demander de nettoyer nos communes, de dégager les carcasses de véhicules, d’entretenir les marchés, alors qu’aucun franc n’a été mis à notre disposition ?” a confié un bourgmestre sous couvert d’anonymat.
Appel direct au Président Tshisekedi
Face à cette crise de moyens, les 24 bourgmestres ont interpellé le Président de la République, espérant obtenir un appui financier concret pour redonner vie à la gouvernance de proximité.
Ils plaident pour la mise à disposition :
- de fonds de fonctionnement mensuels pour gérer les urgences locales ;
- de ressources pour la salubrité publique et la gestion des marchés ;
- de moyens logistiques pour soutenir les brigades de nettoyage et de sécurité communale.
Car, à l’heure où le Chef de l’État a fait de la propreté et de la discipline urbaine une priorité nationale, l’absence de moyens pour les communes sonne comme une contradiction criante.
Entre attentes citoyennes et gouvernance bloquée
Cette situation soulève une question centrale : peut-on exiger des résultats sans donner les outils ?
Les bourgmestres incarnent le visage immédiat de l’État dans les quartiers, mais sans ressources, leurs promesses restent des mots vides. Pendant ce temps, les tas d’ordures grossissent, les avenues s’encombrent et la colère citoyenne monte.
Conclusion
L’interpellation des bourgmestres résonne comme un avertissement : sans financement effectif de la gouvernance locale, la propreté de Kinshasa et la lutte contre l’insalubrité resteront des vœux pieux.
Le Président Tshisekedi est désormais appelé à transformer ses directives nationales en moyens concrets pour les acteurs de terrain.
Charles Muzadi






