Dans un acte qui résonne comme un signal fort de rigueur et de retour à l’ordre, le Ministre ad intérim de la Justice, Me Samuel Mbemba Kabuya, a procédé ce mardi à la réhabilitation officielle de l’équipe dirigeante du Fonds de Réparation et d’Indemnisation des Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO). Cette équipe, conduite par Monseigneur Mwarabu, avait été suspendue par l’ex-ministre Constant Mutamba, dans des circonstances qui suscitent aujourd’hui de nombreuses interrogations.
Le retour de la légitimité
La décision de ce 29 juillet marque le rétablissement d’un leadership légitime au sein d’un fonds stratégique, né de l’arrêt de la Cour Internationale de Justice condamnant l’Ouganda à verser des réparations à la RDC pour les crimes et destructions commis dans l’Est du pays entre 1998 et 2003.
Mgr Mwarabu, figure de probité et d’engagement social, reprend ainsi les rênes de cette structure dont la mission est d’identifier, indemniser et restaurer la dignité des victimes congolaises de cette période sombre. Dans sa déclaration, il a salué « la justice rétablie » et remercié le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, pour avoir permis ce retour à la normale.
Une gestion intérimaire entachée de scandale
La gestion transitoire assurée par Chançard Bolukola Osony, désigné par Constant Mutamba, aura laissé derrière elle un sillage de scandales financiers. En effet, le 25 juillet dernier, Bolukola a été interpellé et mis aux arrêts par la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF) pour détournement massif de fonds publics, portant sur une somme colossale de millions de dollars américains.
Parmi les griefs retenus :
la création de fausses victimes pour capter les indemnisations,
la violation flagrante du décret présidentiel instituant la FRIVAO.
Autant d’actes qui ont gravement compromis l’intégrité du processus de réparation et la crédibilité de la RDC dans la gestion des fonds d’indemnisation à l’échelle internationale.
Un tournant décisif pour les victimes
La réhabilitation de l’équipe originelle intervient comme un redressement nécessaire pour restaurer la confiance des victimes et du peuple congolais. À l’heure où la question de justice transitionnelle reste un pilier du processus de paix, cette mesure vient réaffirmer la volonté du gouvernement de combattre l’impunité et les détournements dans les institutions sensibles.
Vers un nouveau départ
L’équipe Mwarabu, désormais de retour aux commandes, devra reconstruire le tissu de confiance, auditer les procédures passées et recentrer la FRIVAO sur ses objectifs fondamentaux : vérité, justice et réparation.
Le ministre a.i de la Justice, Me Samuel Mbemba, a pour sa part souligné que « plus jamais la souffrance des victimes ne sera un terrain de spéculation ou d’enrichissement personnel. L’État sera intraitable ».
Charles Muzadi






