L’Hôtel de ville de Kinshasa annonce une vaste opération de démolition des constructions érigées de manière illégale le long de la rivière Funa et de ses affluents. Cette décision intervient après plusieurs épisodes d’inondations récurrentes qui paralysent chaque saison les grands axes routiers de la capitale, notamment au croisement du boulevard Triomphal et de l’avenue des Huileries.
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Selon les autorités urbaines, ces bâtisses, souvent installées sans autorisation ni respect des normes d’urbanisme, obstruent le lit naturel de la rivière et aggravent les risques d’inondation en période de pluies. « Les constructions anarchiques constituent un danger permanent pour la population et compromettent le bon écoulement des eaux. Nous allons procéder à leur démolition dans les prochains jours », a indiqué un responsable de l’Hôtel de ville, sous couvert d’anonymat.
Des mesures pour prévenir les catastrophes urbaines
Chaque saison pluvieuse, Kinshasa fait face à des crues meurtrières et à d’importants dégâts matériels, conséquence directe d’une urbanisation non maîtrisée. Le lit de la rivière Funa, autrefois dégagé, est aujourd’hui envahi par des habitations, des dépôts commerciaux et même des constructions en dur, édifiées sans permis de bâtir.
Les zones les plus touchées :Triomphal, Huileries, Kabambare, Kalamu et Limete sont devenues des points névralgiques où les eaux stagnent, provoquant des effondrements de routes et la prolifération de maladies hydriques.
L’Hôtel de ville entend désormais inverser la tendance. Une équipe technique conjointe composée de l’Urbanisme, de l’Environnement, des Travaux publics et des services de l’assainissement a été mandatée pour identifier toutes les constructions concernées avant l’intervention des bulldozers.
Entre nécessité publique et tension sociale

Si la mesure est saluée par une partie de l’opinion qui y voit un signal fort de restauration de l’ordre urbain, elle suscite aussi des inquiétudes parmi les habitants installés depuis des années dans ces zones à risque. Certains réclament un délai raisonnable ou des solutions de relogement avant toute opération de déguerpissement.
Pour sa part, l’Hôtel de ville insiste sur le caractère illégal de ces installations. « La sécurité publique prime sur les intérêts particuliers. Nous devons sauver des vies et protéger la ville contre les désastres que nous observons chaque année », a déclaré un cadre du gouvernement provincial.
Un tournant pour l’aménagement urbain à Kinshasa
Cette opération s’inscrit dans une série de mesures annoncées par les autorités urbaines pour remettre de l’ordre dans la capitale. Après les campagnes “Bala-Bala Eza Wenze Te” et la réhabilitation des principales artères, la démolition des constructions anarchiques le long de la Funa marque une nouvelle étape dans la lutte contre le désordre urbain.
Les Kinois, habitués à voir leurs quartiers inondés au moindre orage, espèrent cette fois que cette initiative ne restera pas lettre morte. Car au-delà des murs à abattre, c’est tout un modèle de gestion urbaine qu’il s’agit de repenser pour faire de Kinshasa une ville réellement habitable et résiliente.
Francine Mulumba






