Kinshasa, 27 mai 2026 – Le collectif des bourgmestres des 24 communes de Kinshasa a été reçu ce mercredi à la Vice-Primature en charge du Budget pour une séance de travail centrée sur l’assainissement de la capitale, la décentralisation et les difficultés administratives et financières auxquelles font face les autorités communales.
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En l’absence du Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito Fumutshi, la réunion a été conduite par le directeur de cabinet, Maître Blanchard Mongomba.
L’assainissement de Kinshasa au centre des échanges
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la récente tournée d’inspection du président de la République, Félix Tshisekedi, dans la partie Est de Kinshasa ainsi qu’au Grand Marché de Kinshasa, communément appelé Zando, où la problématique de l’assainissement urbain a été largement mise en évidence.
Face à cette situation, les bourgmestres ont réaffirmé leur engagement à accompagner la vision du Chef de l’État en matière de salubrité publique et de gestion urbaine.
Toutefois, les responsables communaux ont insisté sur la nécessité de disposer des moyens adéquats pour répondre efficacement aux défis liés à l’assainissement de la ville-province de Kinshasa.
Les bourgmestres dénoncent l’absence de salaires et de primes
Prenant la parole au nom du collectif, Bienvenue Mbalibi, coordonnateur adjoint et porte-parole des bourgmestres de Kinshasa, a exposé les difficultés sociales auxquelles sont confrontés les responsables communaux depuis leur nomination.
« Depuis notre nomination jusqu’à ce jour, nous ne percevons ni salaire ni prime. Nous sommes venus solliciter l’intervention de l’autorité compétente afin que cette situation soit portée devant le Gouvernement et que des solutions appropriées soient trouvées », a-t-il déclaré.
Selon lui, la mise en œuvre des politiques publiques locales, notamment en matière d’assainissement, reste étroitement liée à la disponibilité des ressources financières.
« L’assainissement est un secteur qui exige d’importants moyens. Pour concrétiser les orientations du Chef de l’État, les entités territoriales décentralisées doivent bénéficier d’un appui financier conséquent », a-t-il souligné.
Taxe d’assainissement : les communes réclament une réforme du système de financement
Le bourgmestre adjoint de Limete, Isaac Mukendi, a pour sa part mis en avant les limites du système actuel de perception des taxes locales.
Selon lui, le cadre juridique en vigueur, notamment l’ordonnance-loi n°18/004, ne permet pas aux communes de bénéficier directement de la taxe liée aux services d’assainissement, ce qui réduit considérablement leur capacité d’action.
« Lorsqu’un service public d’assainissement est rendu, une taxe devrait normalement soutenir cette mission. Mais dans sa configuration actuelle, cette taxe ne revient pas aux communes », a-t-il expliqué.
Le collectif plaide ainsi pour une réforme de la taxe d’assainissement, un financement direct des municipalités et une décentralisation effective, estimant que les communes disposent des compétences humaines nécessaires pour améliorer durablement la gestion de la salubrité urbaine.
Le ministère du Budget promet un suivi des doléances
À l’issue des échanges, les bourgmestres se sont déclarés satisfaits de l’écoute accordée par le cabinet du Vice-Premier ministre du Budget.
La délégation affirme avoir reçu des assurances quant à la transmission de ses revendications à l’autorité ministérielle compétente.
De son côté, le directeur de cabinet Blanchard Mongomba a annoncé la tenue prochaine d’une séance technique approfondie destinée à examiner les préoccupations soulevées et à identifier des solutions durables, tant sur le plan financier qu’opérationnel.
Outre la question des rémunérations, les bourgmestres ont également attiré l’attention sur le manque d’équipements, les contraintes logistiques et les conditions de travail qui freinent leur action quotidienne dans les différentes communes de la capitale.
Francine Mulumba






