Succès viral ou provocation culturelle? la chanson « ZALA » qui cartonne sur les réseaux sociaux avec son challenge Esprit MAGODA est frappée par la censure congolaise.
Un challenge viral… et controversé
C’est surtout à travers les réseaux sociaux, notamment TikTok, que « Zala » – surnommé aussi « Magoda » s’est imposé. Le challenge baptisé « Esprit Magoda », popularisé par Lobeso, met en avant une chorégraphie suggestive, mimant clairement des gestes à connotation sexuelle. Des milliers de jeunes se sont prêtés au jeu, reproduisant les pas dans les rues, les écoles et même lors d’événements publics.
Si ce défi dansant fait grimper la popularité du titre, il a aussi attiré l’attention de la CNCCS, qui veille à la moralité des contenus diffusés sur l’espace public.
une censure partielle ?
À ce jour, une décision officielle de censure a été rendue par la Commission nationale de censure. Toutefois, les critiques fusent déjà au sein de l’institution, qui estime que la danse liée à « Zala » nuit aux bonnes mœurs, en particulier auprès de la jeunesse. Ce n’est pas la première fois qu’une œuvre artistique se retrouve interdite par la CNCCS : de nombreux artistes congolais, de Rebo Tchulo à Fally Ipupa, ont déjà vu leurs clips suspendus ou modifiés.
Déjà le producteur de Watanabe, David Monsoh, avait tenté de tempérer la polémique en déclarant que la chanson en elle-même ne pose pas de problème juridique. Pour lui, seule la chorégraphie, échappant au contrôle des artistes, pourrait être sujette à restriction.
Une question de liberté artistique
Cette affaire relance un débat vieux comme le monde : jusqu’où peut aller la création artistique dans une société conservatrice ? Faut-il censurer une chanson à cause de la manière dont le public s’en empare ? Ou faut-il plutôt encadrer la diffusion des contenus tout en respectant la liberté d’expression ?
Pour de nombreux fans, « Zala » est simplement une expression artistique contemporaine, à l’image des tendances mondiales. Mais pour les défenseurs de l’éthique publique, elle marque une dérive dangereuse.
Les artistes dans l’attente
Ni Héritier Watanabe ni Lobeso ne se sont publiquement exprimés en profondeur sur cette controverse. Mais dans l’arrière-plan, leurs équipes suivent de près l’évolution du dossier. La convocation par la CNCCS et la restriction de diffusion pourrait freiner la lancée du morceau, voire affecter leur image.
En attendant, la chanson continue de faire vibrer Kinshasa et bien au-delà. Cependant, le rythme effréné de « Zala » se heurte déjà à la réalité de la régulation artistique en RDC.
Michee Mweze






