La route nationale n°1 entre Kinshasa et Matadi, pourtant vitale pour l’économie congolaise, est devenue un véritable calvaire : embouteillages, insécurité et absence de surveillance. Censée être l’une des artères les plus stratégiques de la République démocratique du Congo, la route nationale n°1 reliant Kinshasa à Matadi n’est aujourd’hui que l’ombre d’elle-même. Plus qu’une voie de communication, cet axe vital s’apparente désormais à un véritable parcours du combattant pour des milliers d’usagers.
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Longue d’environ 360 kilomètres, cette route devrait permettre de relier les deux villes en 5 à 6 heures. Pourtant, la réalité sur le terrain est tout autre. Quitter Matadi pour Kinshasa peut désormais prendre plus de 12 heures, notamment à cause des embouteillages monstres observés à la sortie de la ville portuaire. Une situation qui frôle l’absurde et met à rude épreuve la patience des voyageurs.
Mais au-delà de la lenteur du trafic, c’est tout un ensemble de dysfonctionnements qui choque. L’absence quasi totale de services de surveillance routière constitue un danger permanent. En cas d’accident ou de panne, aucun dispositif efficace n’est mis en place pour fluidifier la circulation. Résultat : un simple camion immobilisé peut paralyser cet axe pendant des heures, voire une journée entière.
À cela s’ajoute une réalité encore plus préoccupante : l’insécurité. Les cas de coupeurs de route ne cessent d’être signalés, plongeant les usagers dans une psychose constante. Voyager sur la RN1 n’est plus seulement une épreuve physique, c’est aussi un risque sécuritaire majeur.
Le paradoxe est frappant : aujourd’hui, un passager peut mettre plus de temps à parcourir les 360 kilomètres entre Matadi et Kinshasa qu’un voyageur effectuant un trajet intercontinental entre Bruxelles et Kinshasa. Une comparaison qui en dit long sur l’état critique de cette infrastructure pourtant essentielle.
Les opérateurs économiques et les commerçants paient également un lourd tribut. Retards de livraison, pertes financières, hausse des coûts logistiques… cette situation freine considérablement les activités économiques dans le Kongo Central et au-delà. C’est toute la chaîne d’approvisionnement nationale qui s’en trouve affectée.
Malgré les alertes répétées adressées aux autorités provinciales et nationales, les solutions tardent à se concrétiser. L’inaction face à une telle urgence interroge et inquiète. Jusqu’à quand cette route d’intérêt national continuera-t-elle à être abandonnée à son triste sort ?
Il est temps que des mesures fortes soient prises : réhabilitation effective de la chaussée, mise en place d’un système de surveillance permanent, sécurisation de l’axe et régulation du trafic. Car au-delà des chiffres et des constats, ce sont des vies humaines, des économies et la dignité des usagers qui sont en jeu.
La route nationale n°1 ne doit plus être un calvaire. Elle doit redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un véritable levier de développement pour la nation.
Charles Muzadi






