Un vétéran de la politique congolaise en quête d’un dernier trône
À plus de 80 ans, Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, que les acteurs politiques appellent affectueusement « Pépé Mboso », n’a pas encore dit son dernier mot.
Ancien président de l’Assemblée nationale, propulsé à la tête de la chambre basse après la destitution de Jeanine Mabunda à la rupture du FCC-CACH, l’homme politique originaire du Kwango rêve, encore et toujours, de retrouver le perchoir du Palais du peuple.
Mais derrière ce désir ardent de diriger à nouveau l’Assemblée nationale, une question s’impose :
S’agit-il d’un ultime élan patriotique pour servir la nation ?
Ou bien d’un appétit insatiable pour les privilèges et les délices du pouvoir ?
Un bilan sans éclat, mais une fidélité récompensée
Le passage de Mboso à la tête de l’Assemblée nationale, de 2021 à 2023, n’a laissé aucune réforme majeure ni empreinte historique dans la mémoire collective.
Aucune grande loi structurante, aucun acte fort de redressement institutionnel.
Ce que les Congolais retiennent surtout, c’est une gestion jugée complaisante, où quelques centaines de députés nationaux ont trouvé leur miel, pendant que les électeurs, eux, demeuraient pris dans les filets d’un quotidien sombre et précaire.
Dans les travées du Palais du peuple, beaucoup décrivent Mboso comme un homme rusé, conciliant mais calculateur, dont la longévité politique repose sur un art consommé des alliances et des équilibres internes.
Sa présidence fut davantage marquée par la proximité avec les députés que par une dynamique de transformation parlementaire.
Des tensions avec Kamerhe et un désaveu politique
Les relations entre Christophe Mboso et Vital Kamerhe, président sortant de l’Assemblée nationale, ont connu des courants disjonctés.
Derrière les sourires officiels, les désaccords de fond sur la gestion interne et le leadership politique ont creusé la distance entre les deux hommes.
Curieusement, à la grande surprise de la classe politique, le doyen de l’assemblée nationale avait dévoilé sa candidature interne pour succéder à Kamerhe, et dans la course de primaire , l’Union sacrée s’est prononcée en faveur d’Aimé Boji Sangara.
Un acte de défi ou un baroud d’honneur ?
Toujours est-il que la majorité présidentielle, pourtant bénéficiaire de sa loyauté passée, a préféré tourner la page.
Et cette mise à l’écart soulève une question lourde de sens :
Si la gouvernance de Mboso avait réellement convaincu, pourquoi l’Union sacrée l’écarterait-elle de la course ?
Le dilemme du vieux lion
Conscient que le vent politique a tourné, Christophe Mboso joue désormais sur le registre de la popularité interne : il se dit « aimé des députés nationaux ».
Mais cet amour suffira-t-il à forcer la main à la majorité ?
Deux options s’offrent à lui :
- Postuler en indépendant, au risque de s’isoler politiquement ;
- Ou se résigner à conserver son fauteuil de deuxième vice-président, position moins prestigieuse mais plus sûre.
Entre ambition et crépuscule politique
L’histoire retiendra que Mboso aura traversé plusieurs régimes, survécu à plusieurs crises, et toujours trouvé sa place dans le système.
Mais à l’heure où l’Union sacrée veut renouveler ses visages et moderniser ses institutions, son entêtement à briguer à nouveau le perchoir traduit une vérité plus personnelle qu’institutionnelle : celle d’un homme qui ne sait plus vivre loin du pouvoir.
À la fin, ce n’est peut-être plus le peuple que Mboso cherche à servir,
mais le pouvoir qu’il ne parvient plus à quitter.
En Somme
- Christophe Mboso veut reprendre la présidence de l’Assemblée nationale.
- Son bilan passé reste contesté et sans trace marquante.
- L’Union sacrée le met de côté au profit d’Aimé Boji.
- Le vétéran pourrait tenter une candidature indépendante, symbole d’un attachement viscéral au pouvoir.
La Rédaction






