La pluie diluvienne qui s’est abattue ce vendredi 20 fevrier sur Kinshasa a une nouvelle fois laissé derrière elle un paysage de désolation. Dans la commune montagneuse de Mont-Ngafula, plusieurs maisons se sont écroulées, victimes d’érosions violentes provoquées par la montée brutale des eaux.
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Au quartier Tshibanda comme au plateau des professeurs, les dégâts sont considérables. Sur l’avenue Mbange, dans la localité de Cogelos, les eaux sorties des caniveaux récemment construits au plateau des professeurs de l’Université de Kinshasa ont contourné les fondations des clôtures, creusant le sol sous deux parcelles jusqu’à faire céder les murs des habitations.
Dans un silence lourd, des volontaires tentent de récupérer sous les décombres meubles et appareils électroménagers ensevelis par le sable. Les images sont saisissantes : fondations éventrées, murs fissurés, sols affaissés.

Maître Bilal, l’une des victimes, raconte s’être levé dès 5 heures du matin pour tenter de détourner des eaux « d’une vitesse jamais vue » depuis son installation en 2007. Avec sa famille, il a dû évacuer précipitamment leur maison envahie par un torrent incontrôlable. Sa femme, encore au lit au moment de l’irruption des eaux, a échappé de justesse à un drame.
Plusieurs habitants pointent du doigt les travaux routiers en cours sur le plateau des professeurs, exécutés par une entreprise chinoise. Selon eux, la canalisation inadaptée des eaux provenant notamment du carrefour Chevaux et de l’entrée Bingoto aurait créé une convergence hydraulique, formant un véritable lac avant de déferler vers les habitations en contrebas.
La colère monte. Guelord, riverain de Cogelos, dénonce la lenteur des travaux et appelle à un suivi technique rigoureux, surtout à l’approche du mois d’avril, traditionnellement marqué par de fortes précipitations.
À ce stade, les deux maisons gravement touchées restent debout mais leurs fondements sont profondément sapés. Si une nouvelle pluie venait à s’abattre, le pire pourrait survenir.
Au-delà du drame humain, cette énième catastrophe relance avec urgence la question de la planification urbaine, du contrôle des chantiers publics et de la gestion des eaux pluviales à Kinshasa. Car à Mont-Ngafula, la pluie n’est plus un simple phénomène naturel : elle est devenue une menace permanente.
Jules Olela






