Ce vendredi 12 décembre 2025, lors de son intervention au Conseil de sécurité des Nations Unies, la Ministre d’État en charge des Affaires étrangères de la République Démocratique du Congo (RDC), Thérèse Kayikwamba Wagner, a fermement condamné l’inapplication de la résolution 2773 et dénoncé la présence continue des forces rwandaises sur le territoire congolais. Son discours s’est également concentré sur la question des violences perpétrées contre les civils et les Casques bleus, ainsi que sur la nécessité d’une action plus vigoureuse de la communauté internationale pour garantir la paix dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs.
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Une Résolution Ignorée : La Résolution 2773 en Question
La résolution 2773, adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies , était censée être un tournant dans la gestion de la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la RDC. Ce texte, entre autres, prévoyait un renforcement de l’action de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) afin de soutenir le gouvernement congolais dans la lutte contre les groupes armés et d’assurer la protection des civils. Cependant, la mise en œuvre de cette résolution reste largement insatisfaisante, laissant la situation sur le terrain se dégrader au fil du temps.
Dans son allocution, la ministre Kayikwamba a souligné que l’inapplication persistante de cette résolution contribue à prolonger la souffrance des populations congolaises et à alimenter l’instabilité régionale. « L’impunité qui caractérise cette situation ne fait qu’aggraver la violence, et il est inacceptable de voir que les engagements pris par la communauté internationale ne sont pas respectés », a-t-elle insisté.
La Présence Continue des Forces Rwandaises : Une Provocation Inacceptable

L’un des points les plus marquants de l’intervention de Thérèse Kayikwamba Wagner a été la condamnation de la présence continue des forces rwandaises sur le territoire congolais, une situation qui alimente la violence et les tensions dans la région des Grands Lacs. Depuis plusieurs années, des rapports d’instances internationales ont mis en lumière les incursions des forces rwandaises, notamment au Nord et au Sud-Kivu, où des groupes armés soutenus par Kigali déstabilisent les zones frontalières.
La ministre congolaise a estimé que cette présence constitue une violation flagrante de la souveraineté de la RDC et un obstacle majeur à la paix dans l’Est du pays. Elle a rappelé que, bien que la RDC ait toujours plaidé pour un dialogue régional afin de résoudre les tensions avec le Rwanda, la situation actuelle montre que les actions diplomatiques seules ne suffisent pas face à l’agression continue.
Les Attaques Contre les Civils et les Casques Bleus : Un Fléau Humanitaire
Dans son discours, Thérèse Kayikwamba a également dénoncé les attaques récurrentes contre les civils et les Casques bleus de la MONUSCO, qui continuent d’opérer dans des conditions de plus en plus périlleuses. Ces attaques sont souvent le fait de groupes armés, mais dans certains cas, des forces extérieures, soutenues par des États voisins, sont également responsables de ces agressions. Les pertes humaines et matérielles qui en résultent sont dramatiques et ont exacerbé la crise humanitaire dans la région.
La ministre congolaise a exprimé son indignation face à l’inaction de la communauté internationale face à ces violences, rappelant que la protection des civils et des forces de maintien de la paix doit être une priorité absolue. Elle a également souligné l’importance d’une réponse plus robuste des Nations Unies et des partenaires internationaux pour protéger les populations vulnérables et garantir la sécurité des Casques bleus qui risquent leurs vies pour maintenir la stabilité.
Appels à des Mesures Fermes : Renforcer le Mandat de la MONUSCO et Sanctionner les Agresseurs
Le message de Thérèse Kayikwamba Wagner au Conseil de sécurité a été clair : il est impératif d’adopter des mesures concrètes pour que la situation cesse de se détériorer. Elle a appelé à une application pleine et entière de la résolution 2773, avec un renforcement du mandat de la MONUSCO. Selon elle, une intervention plus forte de l’ONU est indispensable pour soutenir l’État congolais dans sa lutte contre les groupes armés et la présence étrangère sur son sol.
La ministre a également insisté sur la nécessité d’imposer des sanctions ciblées contre les agresseurs, qu’il s’agisse de groupes armés ou d’États soutenant ces derniers. « L’impunité ne peut plus être tolérée, et des actions doivent être prises contre ceux qui alimentent la violence et la déstabilisation dans la région », a-t-elle déclaré.
Vers une Paix Durable dans la Région des Grands Lacs
Enfin, la Ministre d’État a conclu son intervention en appelant à une action concertée pour garantir une paix durable dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs. Elle a souligné que la paix durable ne peut être atteinte que si les causes profondes du conflit sont traitées, notamment les enjeux de gouvernance, les questions foncières et les droits des communautés locales.
Pour ce faire, la RDC compte sur l’engagement des Nations Unies et des partenaires régionaux pour créer un environnement propice à la réconciliation et à la stabilité. Mais cela nécessite avant tout une volonté politique forte et une réponse unanime de la communauté internationale pour contrer la violence et l’instabilité qui gangrènent cette région stratégique.
L’intervention de la ministre Thérèse Kayikwamba Wagner a été une prise de position sans ambiguïté en faveur d’une action plus résolue de la communauté internationale pour mettre fin à la violence dans l’Est de la RDC. Alors que la RDC fait face à une crise sécuritaire de grande envergure, la mobilisation internationale et une coopération renforcée entre les États de la région sont plus que jamais essentielles pour offrir un avenir de paix et de stabilité aux populations congolaises.
La communauté internationale doit comprendre que l’impunité et l’inaction face à cette crise ne font qu’aggraver la situation et prolonger la souffrance des civils. La RDC, de son côté, réaffirme sa volonté de défendre sa souveraineté et de restaurer la paix dans la région des Grands Lacs
Cmz






