1. Le contexte et les faits
Le 16 octobre 2025, une tentative de braquage a eu lieu à l’agence de la Rawbank située à la « Place Victoire », dans la commune de Kasa Vubu (ville-province de Kinshasa).
Selon l’accusation, Honorine Porsche, de nationalité allemande d’origine congolaise et résidant en Allemagne, est considérée comme la « cheffe présumée » de la bande.
À côté d’elle, d’autres prévenus – notamment deux policiers et deux agents de sécurité – comparaissent devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe.
L’agence a déclaré avoir perdu une somme estimée à 10 500 US $ dans le cadre de l’opération.
Les chefs d’accusation principaux pour Honorine Porsche reflètent la gravité des faits : association de malfaiteurs, vol à main armée et terrorisme.
2. Le déroulement du procès et la situation au 28 octobre
Le procès a été ouvert devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe le 24 octobre 2025.
Lors de cette première audience :
- Les prévenus ont été identifiés.
- Le tribunal s’est déclaré régulièrement saisi.
- À la demande de la défense, un délai a été accordé afin d’examiner les pièces du dossier ; l’audience a été renvoyée au mardi 28 octobre pour la suite des débats.
C’est donc à cette date que la défense a commencé à présenter ses arguments plus substantiels. L’avocat de la prévenue, Me Francis Kasonga, a annoncé que « de nombreuses révélations seront faites », affirmant que sa cliente pourrait être victime d’un « engrenage judiciaire et médiatique ».
3. Les déclarations de la prévenue
Lors de sa comparution, Honorine Porsche a tenu plusieurs déclarations que le tribunal devra examiner. Parmi celles-ci :
- Elle affirme : « J’ai demandé de l’aide à maman Denise Nyakeru via sa fondation sans succès, c’est pourquoi je suis allée braquer la banque. »
- Elle déclare aussi : « J’ai une autorisation depuis l’Allemagne de prendre 7 plis du chanvre pour me soigner de la dépression. »
Ces propos mettent en lumière une défense qui s’appuie non seulement sur des motifs personnels (souffrance psychologique, demande d’aide infructueuse) mais aussi sur des éléments internationaux (séjour en Allemagne, autorisation supposée). Le tribunal devra déterminer la véracité et la portée juridique de ces affirmations.
4. Enjeux juridiques et questions soulevées
Plusieurs questions se posent dans ce dossier :
- Qualification des faits : Le braquage est qualifié de vol à main armée, terrorisme et association de malfaiteurs. Le caractère « terroriste » est particulièrement lourd.
- Preuves matérielles : L’accusation affirme que Mme Porsche était en possession d’une arme factice lors de l’opération.
- Droits de la personne arrêtée : Lors de son interpellation, des vidéos de sa détention et maltraitance présumée ont circulé, donnant lieu à un autre procès (contre des militaires) pour traitements inhumains.
- Défense : La version selon laquelle elle aurait agi après un échec d’aide et en raison de troubles psychologiques ouvre la question de l’arsenal des mesures de l’aide sociale, de la santé mentale et de la responsabilité pénale.
- Répercussion médiatique : L’affaire suscite un large intérêt, tant à Kinshasa qu’à l’étranger, ce qui peut influencer la perception publique et questionner l’équité du procès.
5. Ce qu’il faut observer lors de l’audience du 28 octobre
Lors de la prochaine séance :
- La défense devra produire, si elle existe, l’« autorisation depuis l’Allemagne » dont Mme Porsche se réclame pour l’usage de chanvre face à la dépression.
- Elle devra également dire si cette démarche médicale ou thérapeutique avait un lien direct avec les faits ou s’il s’agit d’un argument de circonstance.
- L’accusation va approfondir la preuve de la participation active de Mme Porsche dans le braquage (chefferie de la bande, planification, apport matériel).
- Le tribunal devra faire le point sur les pièces d’enquête : vidéos, armes ou objets saisis, identification des otages, rôle des complices.
- L’affaire des droits humains parallèle (traitements subis par la prévenue) pourrait également influencer la perception et éventuellement le traitement du dossier.
6. En conclusion
L’affaire Honorine Porsche est un dossier complexe à multiples facettes : un braquage spectaculaire, une ressortissante allemande d’origine congolaise, des accusations graves (terrorisme, vol à main armée), mais aussi des déclarations de souffrance psychologique et d’échec d’aide. La défense doit désormais décliner sa stratégie, l’accusation devra consolider ses preuves, et le tribunal rendra clair si les faits sont établis ou non.
La Rédaction






