Depuis quelques jours, le franc congolais connaît une embellie sur le marché de change face au dollar américain. Une évolution qui aurait dû redonner confiance et soulager le panier de la ménagère. Mais au lieu d’apporter un souffle nouveau, cette appréciation se heurte à une réalité amère : la spéculation et le mépris des consommateurs par certains opérateurs économiques.
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Des taux à double vitesse

Alors que les banques commerciales, à l’image d’EquityBCDC, affichent un dollar à 2 620 FC à la vente et 2 730 FC à l’achat, et que les cambistes de rue échangent entre 2 500 et 2 550 FC, la logique économique voudrait que les prix des biens et services connaissent un réajustement. Mais tel n’est pas le cas.
Les télécoms, champions de la surenchère

La désillusion est encore plus criante dans le secteur des télécommunications. Les opérateurs continuent à vendre 1 dollar de crédit à 2 900 FC, ignorant délibérément l’évolution du taux de change. Cette pratique n’est rien d’autre qu’une escroquerie organisée, une insulte à l’effort du gouvernement et une atteinte au pouvoir d’achat déjà fragile de la population.
Est-ce une manière d’entretenir la spéculation ? Ou une volonté manifeste de défier l’autorité de l’État ? Quoi qu’il en soit, l’attitude des télécoms traduit une absence totale de patriotisme économique.
L’État face à ses responsabilités

Il ne suffit pas d’applaudir l’appréciation du franc congolais, encore faut-il la traduire dans la vie réelle. Le ministère de l’Économie nationale ne peut plus se contenter de suivre les indicateurs : il doit agir. Sa mission est claire : réguler les prix et protéger les consommateurs. Son silence, face à une situation qui frôle l’abus de confiance, est inquiétant et révoltant.
La Ligue des consommateurs : un mutisme coupable
Tout aussi troublant est le silence de la Ligue des consommateurs. Où est-elle quand les Congolais paient 2 900 FC pour un dollar de crédit téléphonique alors que le marché fixe le taux à 2 500 ? Son absence sur le terrain conforte ceux qui spéculent sans scrupule.
Une colère qui gronde
À ce rythme, la patience des Congolais risque d’atteindre ses limites. Les citoyens n’accepteront pas indéfiniment de servir de vaches à lait pour des opérateurs économiques sans foi ni loi. Le peuple finira par dénoncer, et peut-être même par s’opposer, à ces pratiques qui sapent l’élan de stabilisation économique.
Car au-delà des chiffres et des taux, il y a une vérité : le franc congolais ne sera fort que si les Congolais refusent la spéculation et imposent le respect de leur monnaie
Charles Muzadi.






