Kinshasa, 22 septembre 2025 – Une onde de choc a traversé la scène politique congolaise ce lundi soir. L’annonce de la démission de Vital Kamerhe de son poste de président de l’Assemblée nationale a enflammé la toile et relancé les spéculations autour des tensions internes au sein de l’Union sacrée de la Nation, la plateforme politique soutenant le président Félix Tshisekedi.
C’est après une altercation verbale avec le deuxième vice-président de l’Assemblée, Christophe Mboso qui refusait à ce que la démission soit prononcée de vive voix , que l’honorable Kamerhe a eu droit à la parole pour prononcer ses mots annonçant sa démission devant la conférence des présidents. Une altercation qui n’était que l’écho d’un climat déjà électrique, après le dépôt d’une pétition par un député UDPS,le parti présidentiel, pétition massivement soutenue par les élus de la majorité. Un paradoxe politique qui en dit long.
cependant dans son discours de démission Vital Kamerhe a laché : » Mieux que quiconque,porté par la conviction et l’amour de la patrie ,j’ai activement œuvré à l’avènement d’une alternance pacifique dans notre pays, en faveur de son Excellence Monsieur Félix TSHISEKEDI. Aujourd’hui, je me réjouis de constater que nombreux nous sont ceux qui nous ont rejoint et ont épousé cette conviction que nous étions si peu à partager en son temps …«
Une démission sous pression
Ce départ ne saurait être qualifié de simple acte volontaire. Derrière le geste de Vital Kamerhe se profile une mise à l’écart orchestrée, selon certains analystes, par une frange influente de l’Union sacrée. Les débats houleux autour de sa gestion et de son positionnement politique avaient depuis quelque temps jeté un froid au sein de la coalition. L’attitude de Christophe Mboso, refusant même à Kamerhe la possibilité d’annoncer sa démission de vive voix, symbolise ce mépris politique que plusieurs observateurs dénoncent déjà.
Cette scène surréaliste a non seulement exposé les dissensions internes, mais aussi montré que le consensus tant vanté au sein de l’Union sacrée n’est plus qu’un mythe.
L’Union sacrée fissurée ?
Le soutien massif des élus de l’Union sacrée à une pétition portée par un député de l’UDPS contre leur propre président de chambre en dit long sur la fracture qui couvait depuis plusieurs mois. Ce départ précipité de Kamerhe serait-il le symptôme d’un désamour profond au sein de la majorité ? Faut-il y voir une tentative de redéfinir les équilibres politiques en vue des échéances de 2028 ?
Une chose est certaine : l’unité affichée jusqu’ici par l’Union sacrée est désormais sujette à caution. Et cette mise à l’écart d’un allié historique du président Tshisekedi pourrait bien ouvrir une brèche dans la machine politique du pouvoir.
Vers un repositionnement de Kamerhe ?

La question que tout le monde se pose désormais : où va Vital Kamerhe ? Va-t-il rester dans l’Union sacrée malgré l’humiliation ? Va-t-il rejoindre l’opposition, au risque d’entériner les soupçons de double jeu qui pesaient déjà sur lui dans certaines sphères du pouvoir ?
L’homme est réputé stratège. Sa démission peut être interprétée comme une fuite en avance, une façon d’éviter une destitution humiliante. Mais elle peut tout aussi bien s’inscrire dans une logique de repositionnement politique. Quitter le perchoir, certes, mais pour rebondir ailleurs, avec un agenda plus personnel, voire présidentiel ?
Un signal politique fort
Ce qui est à retenir de cet épisode, c’est que la politique congolaise reste marquée par des alliances fragiles et des intérêts mouvants. Le départ de Vital Kamerhe rappelle que personne n’est à l’abri dans ce jeu d’équilibres incertains. Même les plus proches du pouvoir peuvent, du jour au lendemain, en devenir les victimes expiatoires.
En définitive, la chute de Kamerhe au perchoir n’est peut-être pas une fin en soi, mais le début d’un nouveau chapitre dans une carrière politique faite de résilience et de calculs.
Dans les jours à venir, les actes de Kamerhe : silence ou prise de parole, repli ou offensive ,diront s’il s’agissait d’un acte de sagesse… ou du premier pas vers une rupture désormais inévitable.
Charles Muzadi






