Une évasion spectaculaire s’est produite à la prison urbaine de Boma ce vendredi 19 septembre 2025 à 14h, semant l’inquiétude dans une ville déjà fragilisée par une insécurité persistante. En réponse, une réunion d’urgence du Comité Local de Sécurité s’est tenue hier samedi à la mairie de Boma, sous la présidence du maire a.i. Me Claudelle Phemba Kiadi.
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Une fuite en plein jour, un affront aux autorités
Selon les informations fournies par le directeur de la prison, M. Christian Lukelua, une vingtaine de détenus ont réussi à forcer la porte principale de la prison en pleine journée, après avoir neutralisé les agents de police en poste. Cette attaque bien coordonnée s’est soldée par une double réalité : 11 fugitifs ont été rattrapés, dont un grièvement blessé et actuellement hospitalisé, mais 9 autres demeurent introuvables.

Les autorités ont confirmé que parmi ces évadés figurent des individus particulièrement dangereux, condamnés pour des crimes graves tels que le viol et le braquage à main armée. Leur présence en liberté constitue une menace directe pour la sécurité de la population.
Une situation sécuritaire déjà préoccupante
Cette évasion survient dans un contexte local marqué par une recrudescence inquiétante d’actes criminels : braquages nocturnes, agressions à main armée, vols violents. La ville portuaire de Boma vit depuis plusieurs mois au rythme d’une insécurité croissante qui pèse lourdement sur les habitants et entrave toute tentative de développement économique et social.
Dans ce climat de tension, l’évasion de détenus violents prend une dimension particulièrement alarmante. Elle révèle, en filigrane, les failles criantes dans le système de sécurité pénitentiaire, mais aussi dans la coordination générale des forces de l’ordre.
Des mesures urgentes attendues
Au terme de la réunion du Comité Local de Sécurité, les autorités ont exprimé une ferme volonté de retrouver les fugitifs dans les plus brefs délais. Des opérations de ratissage et des contrôles renforcés ont été annoncés. Toutefois, au-delà de la réaction immédiate, une réflexion structurelle s’impose.
Comment expliquer qu’un groupe de prisonniers puisse, en plein jour, prendre le dessus sur des policiers en poste dans un établissement censé être sécurisé ? Quelle est la condition réelle de nos infrastructures pénitentiaires ? Et surtout, quelles mesures durables seront prises pour éviter que de tels événements ne se reproduisent ?
Un appel à la responsabilité et à l’action

Les événements du 19 septembre ne doivent pas rester sans suite. Ils doivent constituer un électrochoc, un point de départ pour une réforme en profondeur du système de sécurité à Boma. Cela passe par :
- Le renforcement des effectifs et des équipements des forces de l’ordre.
- La formation continue des agents pénitentiaires.
- L’amélioration des conditions de détention, qui, lorsqu’elles sont dégradantes, alimentent frustration et révolte.
- Une collaboration accrue entre autorités locales, société civile et population.
Car la sécurité n’est pas qu’un enjeu administratif : c’est un droit fondamental. Les habitants de Boma méritent de vivre dans une ville sûre, encadrée par des institutions solides et réactives.
La lutte contre l’insécurité ne peut plus attendre. Elle commence par la capture immédiate des évadés, mais elle doit aller bien au-delà.
Yves Ekuya






