La rentrée parlementaire de septembre 2025, censée être consacrée au débat budgétaire, s’est ouverte dans une atmosphère électrique, révélant au grand jour les fractures d’une représentation nationale de plus en plus contestée par son propre peuple.
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Un retour parlementaire sous haute tension
Le 15 septembre, jour de l’ouverture officielle de la session, une onde de choc a traversé l’hémicycle. À l’initiative du député UDPS Crispin Mbindule, une pétition a été déposée contre le Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, et plusieurs membres de son bureau. Plus de 260 signatures auraient été récoltées, à l’exception notable du 1er vice-président Tshilumbayi et du 2e vice-président Christophe Mboso.

Ce geste, loin d’être anodin, traduit un malaise profond au sein de la chambre basse. Mais ce qui surprend le plus, ce sont les motivations des pétitionnaires.
Des revendications déroutantes
Les griefs adressés au bureau tournent essentiellement autour d’un point : la non-prise en compte des conditions sociales des députés. En clair, les élus réclament une revalorisation de leurs émoluments, fixés selon eux à 15 000 USD, une somme jugée insignifiante pour leurs charges.
Cette revendication, dans un pays où la majorité de la population survit avec moins de 100 USD par mois, sonne comme une gifle à la misère ambiante. L’opinion publique, déjà sceptique sur l’efficacité de ses représentants, voit dans ce bras de fer un décalage inquiétant entre les préoccupations des élus et les urgences nationales.
Un peuple désabusé et trahi
Les Congolais attendaient de leurs députés une bataille acharnée pour l’amélioration des conditions de vie, pour la sécurité dans l’Est meurtri par la guerre, pour une meilleure redistribution des richesses. À la place, ils assistent à des querelles d’intérêts où la question sociale du citoyen lambda est reléguée au second plan.
Le discours de campagne, jadis axé sur la défense du peuple, a radicalement changé de ton une fois les sièges acquis. Aujourd’hui, le peuple observe ses représentants se bousculer pour des avantages financiers, tandis que lui continue à crouler sous le poids de la faim, de l’insécurité et du chômage.
Une hiérarchisation des priorités absente
Au-delà de la revendication salariale, cette crise met en lumière une confusion de rôles. Certains députés justifient leur exigence par la nécessité de financer des dons et des projets sociaux dans leurs bases électorales, se substituant ainsi à l’exécutif. Mais leur mission première reste de légiférer et contrôler l’action du gouvernement, non de se muer en mécènes politiques.
Cette dérive interroge : l’Assemblée nationale est-elle encore un espace de débat démocratique ou devient-elle une arène où s’affrontent intérêts particuliers et luttes de positionnement ?
Une pétition aux allures de complot
L’affaire prend une tournure encore plus trouble avec la fuite d’audios sur les réseaux sociaux, suggérant des tractations internes et une possible conspiration politique derrière la pétition. Qui tire les ficelles ? Quelles forces cachées utilisent la colère des élus pour régler des comptes ? La question reste entière.
Le vrai mandat oublié
Au-delà des intrigues, une vérité demeure : le peuple attend que ses institutions le placent au centre de leurs actions. Les Congolais réclament moins de discours et plus de résultats :
des lois qui améliorent la vie quotidienne,
des actions concrètes pour restaurer la sécurité dans l’Est,
une gestion responsable qui réduit réellement le train de vie de l’État.
La session de septembre aurait dû être un moment de responsabilité. Elle risque de devenir un symbole de rupture définitive entre les élus et leurs électeurs.
Charles Muzadi.






