Une campagne satirique intitulée « VisitLuilu » fait le buzz sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. Inspirée des slogans touristiques officiels, cette initiative artistique met en lumière, avec humour et ironie, le contraste saisissant entre les quartiers modernes et les zones déshéritées de la capitale cuprifère.
Une satire pour interpeller
Derrière cette campagne virale, des artistes locaux ont choisi d’user de la satire pour dénoncer l’abandon du quartier de Luilu, situé à la périphérie de Kolwezi. Tandis que certains quartiers centraux bénéficient de programmes de modernisation visibles routes asphaltées, éclairage public, projets immobiliers Luilu reste marqué par le manque d’infrastructures de base, la pauvreté et l’insalubrité.
« VisitLuilu » détourne ainsi les codes du marketing touristique : affiches fictives, vidéos humoristiques et slogans ironiques circulent sur Facebook, TikTok et WhatsApp. On y invite les visiteurs à découvrir des « attractions » telles que les routes impraticables, les maisons en terre battue et l’absence chronique d’eau potable.

Les « cris inattendus » des habitants
À travers cette campagne, les artistes relaient les revendications des habitants de Luilu, souvent ignorées par les décideurs politiques. Ces derniers dénoncent leur mise à l’écart des projets de développement pourtant financés par les richesses minières extraites dans leur province.
« Pendant qu’on modernise certains quartiers, ici on vit toujours comme si nous étions oubliés. C’est cela que nous voulons crier au monde », témoigne un habitant, relayé dans une vidéo virale.
Réactions et débats
La campagne a déclenché un large débat à Kolwezi. Certains saluent une démarche créative et courageuse, qui met le doigt sur une réalité douloureuse. D’autres estiment que la satire ne suffit pas et appellent à une mobilisation plus structurée pour obtenir des réponses concrètes des autorités provinciales.
Un miroir de la société
Au-delà du cas de Luilu, « VisitLuilu » illustre le sentiment d’injustice sociale ressenti dans plusieurs quartiers défavorisés de la RDC, où les retombées de l’exploitation minière semblent profiter à une minorité. En s’appuyant sur l’humour, les artistes ont réussi à rendre visible l’invisible, et à poser une question centrale : à qui profite réellement la modernisation de Kolwezi ?
Francine Mulumba






