Il y a un scandale silencieux que nous acceptons depuis trop longtemps en République Démocratique du Congo : notre école forme des diplômés pour le chômage. Chaque année, des milliers de jeunes sortent des universités avec un parchemin qui, dans la plupart des cas, ne vaut rien sur le marché de l’emploi. La faute ? L’absence criante d’un véritable système d’orientation scolaire et professionnelle.
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Comment comprendre qu’un pays aux immenses besoins techniques, agricoles, industriels et technologiques laisse sa jeunesse s’entasser dans les mêmes filières saturées – droit, économie, sciences sociales – pendant que les secteurs porteurs manquent cruellement de bras et d’esprits ? Cette incohérence n’est pas seulement un dysfonctionnement : c’est une politique de l’aveuglement.
Il n’existe presque aucun dispositif sérieux pour orienter les élèves dès le secondaire. Pas de tests d’aptitude, pas de conseillers d’orientation, pas de passerelles claires entre études et métiers. On laisse les jeunes choisir « par hasard », au gré des modes ou des pressions familiales, et l’État se lave les mains. Le résultat saute aux yeux : une armée de diplômés désœuvrés, condamnés à l’oisiveté, à la débrouille, ou pire, à grossir les rangs de l’économie informelle et des frustrations sociales.
Ce pays n’a pas besoin d’une jeunesse frustrée, il a besoin d’une jeunesse utile. Mais pour cela, il faut rompre avec l’irresponsabilité éducative. Les autorités doivent impérativement mettre en place un service national d’orientation scolaire et professionnelle, impliquer les entreprises dans la définition des filières de formation, et valoriser enfin les métiers techniques et scientifiques, trop longtemps méprisés.
Former sans orienter, c’est trahir. Continuer sur cette voie, c’est hypothéquer l’avenir du Congo. Notre jeunesse mérite mieux que d’être des diplômés chômeurs. Elle mérite d’être guidée, outillée et projetée vers l’avenir. Et c’est un combat que nous n’avons pas le droit de perdre.
Charles Muzadi






