Kinshasa, 26 août 2025 – La 9ᵉ Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD9), tenue du 20 au 22 août à Yokohama, a marqué un tournant pour la République démocratique du Congo. Conduite par la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, la délégation congolaise a renforcé la position du pays comme partenaire économique stratégique. À la clé : des accords financiers inédits, des partenariats miniers et technologiques prometteurs, ainsi qu’une ouverture accrue vers la coopération culturelle et touristique.
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Un accès inédit aux crédits japonais
Parmi les acquis majeurs, figure le retrait de la RDC de la liste des pays exclus des crédits japonais. Une décision qualifiée d’« historique » par le Vice-Premier ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba. Ce changement ouvre la voie à des financements structurants, allant au-delà de l’aide au développement. Des projets tels que le barrage d’Inga ou encore des initiatives énergétiques et technologiques pourront désormais être soutenus par Tokyo, en reconnaissance des progrès macroéconomiques et de la gestion de la dette opérés par Kinshasa.
Des investissements miniers et technologiques boostés
La conférence a également débouché sur des engagements solides dans le secteur minier. Le projet Kivuvu, fruit d’une joint-venture entre Kerith Resources Ltd (RDC) et Asia Mineral Limited (AML, Japon), ambitionne d’exploiter le manganèse au Kongo Central, avec une production annuelle attendue de 2 millions de tonnes et la création de plus de 1 000 emplois directs.
Un mémorandum d’entente a aussi été signé entre la JOGMEC (Japan Organization for Metals and Energy Security) et la Gécamines, ouvrant la voie à une coopération élargie en matière de recherche et de valorisation des ressources naturelles, y compris le gaz, l’hydroélectricité et les crédits carbone.
Former les jeunes pour transformer localement
La Première Ministre a insisté sur la valorisation locale des ressources et la montée en compétence de la jeunesse congolaise. Le Japon, via la JICA, accompagnera la RDC dans la formation d’experts en intelligence artificielle et en technologies numériques, dans le cadre de son programme visant 30 000 spécialistes africains. Une opportunité qui s’inscrit dans la stratégie congolaise de diversification économique et de développement d’industries locales.

Culture et tourisme : une nouvelle passerelle RDC–Japon
Au-delà de l’économie, la délégation congolaise a mis en avant le potentiel culturel et touristique du pays. Kinshasa a proposé des coopérations en matière de muséologie et de préservation du patrimoine. La participation confirmée de la RDC à l’Expo Osaka 2025 et à la Green Expo 2027 sera l’occasion de présenter au monde l’image d’un pays riche de son patrimoine et de ses ressources naturelles.
Sécurité et climat des affaires, points sensibles
Si la JETRO, qui fédère 194 entreprises japonaises, voit la RDC comme un marché porteur, les inquiétudes sécuritaires dans l’est du pays demeurent un frein. Judith Suminwa a toutefois tenu à rassurer : les zones économiques stratégiques ne sont pas affectées et le gouvernement s’emploie à améliorer le climat des affaires pour attirer durablement les investisseurs.
Une coopération tournée vers l’avenir
Une nouvelle mission économique japonaise en RDC est prévue pour le dernier trimestre 2025, après l’annulation de celle de février dernier pour des raisons sécuritaires. Kinshasa mise sur cette dynamique pour renforcer les liens avec Tokyo et accroître la visibilité de ses potentialités, encore largement méconnues au Japon.
Vers un partenariat gagnant-gagnant
La TICAD9 aura donc consacré la RDC comme un acteur incontournable en Afrique centrale et un partenaire fiable pour le Japon. En rappelant que seulement 15 % du territoire minier national est exploité, la Première Ministre a invité les investisseurs japonais à participer à une reconstruction fondée sur des projets inclusifs, respectueux de l’environnement et bénéfiques aux communautés locales.
Francine Mulumba






