Lancé en grande pompe le 5 juin dernier, le processus d’obtention du nouveau passeport biométrique, censé incarner la modernité et la transparence, vire déjà au cauchemar pour de nombreux Congolais. Deux ans après l’attribution du marché à la firme allemande Dermalog et trois mois après le démarrage des opérations, les citoyens peinent toujours à obtenir ce document pourtant vital.
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À la base, la réforme portait une promesse claire : offrir aux Congolais un passeport sécurisé, conforme aux standards internationaux, et accessible sans tracasseries ni interférences humaines. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre.
La lenteur administrative, aggravée par l’obligation d’obtenir un Numéro d’Identification Fiscale (NIF) à la DGI et par les pratiques opaques dans certains services comme l’ANR, alourdit le parcours. Le véritable goulot d’étranglement se situe cependant au niveau des centres de capture. Dans un pays de plus de 100 millions d’habitants, seuls quatre centres fonctionnent à Kinshasa, tous concentrés dans la même commune de la Gombe. À l’intérieur du pays, quelques antennes à peine. Quant aux Congolais de la diaspora, ils restent presque oubliés. Résultat : files interminables, journées perdues, frustrations accumulées.
Le paradoxe est cruel : alors que le passeport devrait être un droit élémentaire, il devient un privilège réservé à ceux qui parviennent à surmonter ce « parcours du combattant ». Face à cette situation, les déclarations rassurantes de la ministre des Affaires étrangères peinent à convaincre, tant elles se heurtent à la réalité vécue par les demandeurs.
L’heure n’est plus aux discours, mais à une réforme urgente et courageuse de la chaîne d’attribution. Car dans un pays où le passeport demeure la seule véritable pièce d’identité, priver les citoyens de cet outil revient à nier leur droit fondamental à l’existence administrative.
Yves Ekuya






