À Kinshasa, la flambée des prix des terrains constructibles atteint des sommets inquiétants. En quête d’un terrain dans la commune de Kinshasa, nous avons récemment découvert une parcelle, avec une maison en ruine, affichée à près d’un million de dollars. Stupéfaits, nous avons interrogé le vendeur sur les raisons de cette évaluation vertigineuse. Sa réponse, lapidaire, nous a laissés perplexes : « C’est parce que le terrain est près du centre-ville. »
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Une logique biaisée qui asphyxie le marché
La valeur d’un terrain constructible ne devrait pas dépendre uniquement de sa proximité avec le centre-ville ou une zone commerciale. Des critères objectifs et scientifiques existent pour évaluer un bien foncier :
La constructibilité (capacité technique à bâtir)
La configuration (forme, dimensions)
La nature du sol (portance, risques)
L’orientation (ensoleillement, ventilation naturelle)
L’encombrement (présence ou non de constructions à démolir)
L’accessibilité (voies d’accès, transport)
L’environnement immédiat (sécurité, services publics, qualité de vie)
Certes, l’emplacement reste un facteur important, mais il ne se résume pas à « être proche de la Gombe ».
La spéculation : héritiers et vendeurs hors normes
Une grande partie de cette inflation immobilière est alimentée par des propriétaires — souvent héritiers — qui fixent des prix déconnectés de la réalité, sans aucune base légale ou économique. Cette surenchère prive de nombreux Kinois de l’accès à la propriété et freine le développement harmonieux de la ville.
Le rôle clé de l’autorité publique
Il est urgent que les autorités compétentes mettent en place une régulation stricte du marché foncier, non seulement pour freiner les abus, mais aussi pour valoriser d’autres zones constructibles à Kinshasa. La ville regorge de sites viabilisables qui pourraient désengorger le centre et rééquilibrer la répartition urbaine.
Penser Kinshasa autrement : diversifier les pôles d’attraction
Valoriser de nouvelles zones implique :
Des infrastructures routières fluides pour réduire les embouteillages
Des réseaux de transport fiables
Un environnement sain et sécurisé
La création de nouveaux pôles économiques : zones d’affaires, centres commerciaux, hubs de recherche et d’innovation, espaces culturels.
Kinshasa gagnerait à s’inspirer des modèles urbains réussis ailleurs. On ne réinvente pas la roue, mais on peut l’adapter et l’améliorer. Si rien n’est fait, la ville risque de devenir inaccessible à ses propres habitants, au profit d’une minorité de spéculateurs.
Architecte Yves Ekuya






