C’est une déclaration au vitriol, une interpellation sans fard qui fait déjà grand bruit. Christian Lumu, haut cadre de la jeunesse de l’UDPS, a choisi de briser le silence face aux propos élogieux tenus récemment par le Cardinal Fridolin Ambongo à l’endroit de Paul Kagame, président rwandais régulièrement accusé d’être à la manœuvre derrière les tragédies qui ensanglantent l’Est de la RDC.
« Les cœurs des Congolais saignent. Mgr Ambongo a franchi la ligne rouge. »
Pour Christian Lumu, il ne s’agit pas seulement d’un écart de langage. Il parle de trahison morale. Car en encensant Kagame, l’homme d’Église aurait piétiné la mémoire des millions de morts, de femmes violées, d’enfants mutilés et d’orphelins abandonnés dans les terres dévastées du Kivu.
« Comment un homme censé défendre les sans-voix peut-il brosser dans le sens du poil un dictateur, artisan de massacres, de pillages, de viols, de terreur ? », s’indigne Lumu.
Le ton est grave, l’accusation sans détour : le silence ou la complaisance de certains hommes d’Église face aux crimes de Kagame relève d’une complicité morale.
L’heure du choix pour l’Église
Dans un pays meurtri, où l’Église a souvent été perçue comme la voix des sans-voix, la posture d’Ambongo interroge, dérange et, surtout, révolte. Christian Lumu ne mâche pas ses mots :
« L’Église doit choisir son camp. Celui du peuple humilié, pas celui de l’assassin réhabilité. Celui des martyrs, pas des salons diplomatiques. »
Ce réquisitoire n’est pas qu’un cri de colère. Il est un appel à la lucidité, à la responsabilité et à la mémoire collective. Pour la jeunesse engagée, il est impensable de voir l’Église congolaise s’asseoir sur le sang des victimes pour préserver des intérêts cléricaux.
Un avertissement pour l’Histoire
« L’histoire retiendra. Et le peuple n’oubliera pas. »
Ce mot de la fin de Christian Lumu sonne comme une mise en garde. À l’Église. À ses responsables. À tous ceux qui, par confort, lâcheté ou calcul, refusent de nommer le mal.
Et selon lui, ce mal porte un nom : Paul Kagame.
Température26.CD, la voix des vérités que l’on ne veut pas entendre.
Charles Muzadi






