Kinshasa, 2 août 2025 – Ce 2 août marque le douzième anniversaire de la disparition d’Alain Moloto, figure emblématique de la musique gospel en République démocratique du Congo. Décédé le 2 août 2013 à l’âge de 52 ans, l’artiste laisse derrière lui un héritage musical et spirituel qui continue d’inspirer des milliers de croyants à travers l’Afrique et la diaspora.
Origines et débuts
Né le 27 juillet 1961 à Kisangani (alors Stanleyville), Alain Moloto Kossy grandit au sein d’une fratrie de quinze enfants, son père étant militaire. Il fait ses études à Lubumbashi puis poursuit les humanités et les études supérieures à Kinshasa, notamment à l’Institut Supérieur de Commerce (ISC), où à partir de 1983 il s’engage dans un groupe théâtral universitaire et commence à écrire des chansons en français et lingala.
Débuts dans le gospel et premières œuvres
En 1994, il sort son premier album solo, Jésus le Prince Glorieux, qui révèle ses talents de poète et compositeur de chants d’adoration. Cet album marque le début de son rayonnement dans les milieux évangéliques du pays.
L’apogée : fondation du groupe GAEL et succès internationaux
En 1998, Alain fonde le collectif Groupe Adorons l’Éternel (GAEL) avec des talents issus de l’Institut National des Arts (INA) de Kinshasa, parmi lesquels Franck Mulaja, Tempo Bilongo, Francis Nsemi, Nadège Impote, Athom’s Mbuma, et Marthe Bulay.
Avec GAEL, il enregistre de nombreux albums devenus cultes comme Yahwe Tobelemi, Sublime, ou encore les volumes de 1 Heure avec Jésus Christ. Ce groupe devient un pilier du gospel africain moderne, mêlant excellence musicale et profondeur spirituelle.
Œuvre solo marquante : Le fruit de mes lèvres
En 2010, il publie son second et dernier album solo, Le fruit de mes lèvres, qui contient des titres comme Naza Ya Yesu. Cet opus est considéré comme le sommet de sa carrière solo, alliant adoration, slam et poésie spirituelle.
Engagement spirituel et impact politique
En 2011, Alain Moloto fonde la plateforme EDEN (Ensemble pour la Délivrance de la Nation) afin de mobiliser les chrétiens autour de la prière pour le pays. À l’approche des élections, ses prises de position politiques lui attirent menaces et tensions. Des proches affirment qu’il aurait été empoisonné, hypothèse qui alimente encore aujourd’hui certaines spéculations.
Le décès et l’héritage laissé
Il s’éteint le 2 août 2013, après des mois de lutte contre la maladie. L’annonce de sa mort plonge le pays dans un profond émoi. Ses funérailles au Stade des Martyrs rassemblent une foule immense, à l’image de son impact dans la société congolaise.
Il laisse derrière lui son épouse Christine Tshiabu (également décédée en 2020) et quatre enfants. Le groupe GAEL continue d’exister, sous la direction d’Athom’s Mbuma, qui perpétue l’œuvre de son mentor.
12 ans après, une voix toujours vivante
Douze ans après sa disparition, les chants d’Alain Moloto résonnent toujours dans les églises, les studios et les cœurs. De nombreux jeunes chantres se réclament de son style et de sa vision musicale. En 2023, une cérémonie d’hommage a rassemblé plusieurs figures du gospel africain pour saluer sa mémoire.
Joseph Kalupala






