Chaque 1er août, le Congo célèbre la Fête des parents. Une journée qui, en théorie, devrait être dédiée à l’amour, à la reconnaissance et à la valorisation de ceux qui donnent la vie et assurent la pérennité de la société. Mais derrière le traditionnel « Bonne fête des parents », se cache une réalité bien plus complexe, souvent passée sous silence : le désarroi grandissant du parent congolais.
Une parentalité mise à l’épreuve
Dans un pays en proie à une précarité socio-économique persistante, le statut du parent congolais s’effrite. Jadis figure d’autorité, pilier éducatif et modèle moral, le parent d’aujourd’hui se retrouve progressivement dépouillé de sa posture légale et symbolique, ne pouvant plus assumer pleinement son rôle. Le manque de moyens, l’instabilité financière et l’accès limité aux opportunités plongent de nombreuses familles dans une survie quotidienne où l’éducation devient secondaire, voire compromise.
Une jeunesse livrée à elle-même
Conséquence directe de cette crise silencieuse : des enfants livrés à eux-mêmes, contraints de se prendre en charge très tôt. Beaucoup échappent au regard et au contrôle parental, évoluant dans une société où les repères se brouillent. La dépravation des mœurs s’installe insidieusement, et l’autorité parentale perd de son efficacité. Quand les besoins de la modernité pressent, mais que les revenus ne suivent pas, l’écart entre les générations devient un gouffre, creusé par l’incompréhension, la frustration et le désespoir.
La pauvreté, mais pas une excuse
Si la pauvreté explique en partie ce glissement, elle ne saurait justifier l’abandon total des valeurs morales. Être parent, ce n’est pas seulement pourvoir aux besoins matériels de l’enfant. C’est aussi et surtout transmettre des vertus, des principes, une éthique. Dans cette crise éducative, les valeurs doivent redevenir un socle inébranlable. Car les enfants d’aujourd’hui seront les citoyens de demain, et c’est dans les familles qu’ils puisent leurs premières leçons de vie.
Le 1er août, une date qui interpelle
Le 1er août ne doit pas se limiter à une simple formalité ou à un slogan vide de sens. C’est une date qui interpelle. Elle doit être l’occasion de réfléchir à ce que signifie être parent dans le Congo d’aujourd’hui. De redonner aux familles les moyens d’exister dignement. De soutenir les pères et mères qui, malgré les vents contraires, s’accrochent à leur devoir avec dignité.
Être parent congolais, en 2025, n’est pas une mince affaire. Mais c’est un combat qui mérite d’être mené, collectivement. Car derrière chaque enfant bien éduqué, il y a un parent qui s’est battu contre vents et marées.
Charles Muzadi






