À Kinshasa, comme partout en République démocratique du Congo, le 1er août est une journée profondément ancrée dans la mémoire collective. C’est le jour où des milliers de familles prennent la route des cimetières, les bras chargés de fleurs, les cœurs lourds de souvenirs, pour honorer la mémoire de leurs disparus.
Un rituel de cœur et de respect
Du cimetière de Kintambo à celui de Nécropole, en passant par Kimwenza ou Mbenseke, la scène était partout la même : balais à la main, coups de peinture sur les croix, prières murmurées, silence chargé d’émotion. Une ferveur populaire qui démontre que, malgré les difficultés, la mémoire des défunts reste sacrée dans le cœur des Congolais.

Une situation préoccupante sur le terrain
Mais cette journée de recueillement a aussi laissé place à l’indignation. Plusieurs visiteurs ont été confrontés à une réalité troublante : des tombes surchargées, posées à la hâte entre deux allées, parfois même sur d’anciennes sépultures. Le résultat ? Une circulation devenue impossible, obligeant les familles à marcher sur des tombes pour rejoindre celles de leurs proches — un geste contraire à tout respect des morts, mais devenu inévitable.

« On ne sait plus où poser les pieds. C’est devenu un labyrinthe de sépultures », confie un visiteur visiblement affecté.
Un cri pour un entretien permanent
Au-delà de la surpopulation des cimetières, la propreté et l’entretien des lieux ont aussi été remis en question. Pourquoi attendre le 1er août pour désherber, repeindre, ou déboucher les allées ? Beaucoup estiment que l’entretien devrait être permanent, non circonstanciel.
« Nos morts méritent le respect tous les jours, pas seulement une fois par an », affirme une femme venue avec ses enfants.
Vers une réforme de la gestion funéraire ?
Cette journée soulève une fois de plus la nécessité d’une gestion urbanistique sérieuse des cimetières à Kinshasa et ailleurs. Entre manque de place, absence de planification, et manque d’entretien, le respect des morts devient de plus en plus difficile à assurer.
La mémoire des défunts est un miroir de notre humanité. Honorer les morts, c’est aussi réfléchir à la dignité que nous leur offrons, même après leur départ. Le 1er août est plus qu’un devoir : c’est un rappel que la mort aussi demande de la justice, du respect… et de l’organisation
Michée Mweze






