Par la Rédaction de Temperature26.cd
La saleté de Kinshasa n’est plus un simple détail d’urbanisme. Elle est devenue une honte nationale, une urgence sociale et, désormais, une préoccupation présidentielle. Preuve que le mal est profond, le Chef de l’État en personne, Félix Tshisekedi, s’est vu contraint de descendre dans l’arène, en ordonnant des mesures concrètes pour assainir la capitale.
Mais là où le bât blesse, c’est que la ville a un Gouverneur. Un gestionnaire supposé suivre au quotidien l’état de propreté des artères, des marchés, des quartiers et des lieux publics. Où était le gouverneur Daniel Bumba Lubaki, pendant que Kinshasa se noyait sous les déchets ? Son silence, son inaction, et son invisibilité interrogent.

Comment comprendre que c’est le Président de la République lui-même qui doive ordonner la responsabilisation des chefs d’avenue, la redynamisation de la brigade de salubrité, ou encore la création d’une unité pour enlever les carcasses de véhicules abandonnés ? Ce n’est pas au sommet de l’État qu’on devrait gérer les poubelles de la ville. C’est au gouverneur, son exécutif provincial et ses services décentralisés d’anticiper, de coordonner et d’agir.
Une interpellation indirecte ?
Ce geste présidentiel, aussi louable qu’il soit, ressemble de plus en plus à un désaveu déguisé. Une sorte d’interpellation silencieuse adressée à l’Hôtel de Ville. Quand le numéro un du pays prend la parole sur une question aussi locale que la gestion des ordures, c’est la démonstration que les services urbains ont échoué. Que le gouverneur n’assume pas. Que l’administration urbaine fonctionne en pilote automatique.

Car il faut dire les choses telles qu’elles sont : Kinshasa est aujourd’hui sale, encombrée, désorganisée et étouffante. Des montagnes de déchets pullulent, des marchés débordent sur la chaussée, des caniveaux sont bouchés, et des véhicules abandonnés jonchent les artères depuis des mois. Il ne s’agit plus d’une simple négligence. Il s’agit d’une faillite de gouvernance locale.
Une gouvernance en question
Les Kinois ne demandent pas des discours. Ils demandent des résultats visibles : des rues nettoyées, des déchets évacués, une organisation claire de la collecte des immondices, un contrôle strict des dépôts sauvages.
À quoi sert un gouverneur si, au final, c’est le Président qui doit prendre son bâton de pèlerin pour rappeler l’évidence ? Kinshasa mérite mieux. Elle mérite des dirigeants urbains réactifs, présents, responsables et innovants, pas de simples spectateurs des dégâts quotidiens.
Un appel à la responsabilité
La réaction du Président Tshisekedi avec des mesures prises devrait servir d’électrochoc pour le gouverneur Daniel Bumba. Il est temps qu’il assume ses fonctions avec rigueur et vision, ou alors qu’il tire les conséquences de son impuissance manifeste. Kinshasa ne peut plus se permettre une gestion passive. L’avenir de ses 17 millions d’habitants en dépend.






