Goma, 25 juillet 2025:Dans une déclaration lourde de sens, le mouvement rebelle AFC/M23 a affirmé, depuis Goma, que la restauration de l’autorité de l’État dans l’Est de la RDC ne saurait se faire avec le régime actuel de Kinshasa, qu’il accuse d’avoir échoué à résoudre les causes profondes du conflit.
« Il ne s’agira pas simplement de faire semblant de rétablir l’État là où il n’existe plus. Ce travail de fond exige une nouvelle gouvernance, composée de personnalités politiques différentes de celles qui dirigent aujourd’hui », a déclaré Benjamin MBONIPA, chef de délégation de l’AFC/M23 à Doha et porte-parole du mouvement lors du point de presse de ce vendredi 25 juillet à Goma.
Cette position vient remettre en question les efforts de paix en cours, notamment les engagements signés à Doha entre le Gouvernement congolais et les représentants de l’AFC/M23, ainsi que l’accord de Washington censé baliser la voie vers un règlement durable de la crise dans l’Est.
Vers un blocage du processus de paix ?
Alors que la communauté internationale et plusieurs partenaires africains saluent la reprise du dialogue, les récentes déclarations de l’AFC/M23 jettent une ombre sur les perspectives de sortie de crise. En appelant à une refonte totale du leadership national, le mouvement rebelle montre qu’il ne se satisfait pas d’un simple partage de pouvoir ou d’un cessez-le-feu temporaire.
Le Gouvernement congolais n’a pas encore officiellement réagi à cette sortie médiatique, mais des sources proches du ministère de l’Intérieur estiment que cette position constitue un chantage politique inacceptable qui pourrait entraver le processus de désescalade.
Quel avenir pour la RDC post-conflit ?
Cette prise de position radicale relance le débat sur la représentativité politique, la justice transitionnelle et la réconciliation nationale dans une région marquée par des décennies d’instabilité.
Pendant ce temps, les populations civiles du Nord-Kivu restent les premières victimes de cette impasse politique, entre espoirs de paix et retour du spectre de nouvelles violences.
Charles Muzadi






