La capitale congolaise est secouée par une vive controverse théologique qui met en lumière les tensions doctrinales au sein de la sphère évangélique. Au cœur de la polémique : le pasteur Joël Francis Tatu, figure médiatique du néo-pentecôtisme congolais, dont les récentes déclarations ont fait l’effet d’un séisme dans les milieux religieux.
Dans l’une de ses prédications diffusées sur les réseaux sociaux, Joël Francis Tatu affirme qu’en aucun endroit du Nouveau Testament, Dieu ne demande explicitement qu’on l’aime, remettant en question l’un des fondements les plus sacrés de la foi chrétienne. Comme si cela ne suffisait pas, il déclare également que Jésus n’est pas le Fils aîné de Dieu, une position jugée hérétique par nombre de ses confrères.
Une levée de boucliers sans précédent
Face à ces propos jugés blasphématoires, les réactions ne se sont pas fait attendre. Plusieurs pasteurs influents de Kinshasa sont montés au créneau pour condamner fermement ce qu’ils considèrent comme une dérive doctrinale.

Le pasteur Joseph Bondo, responsable de l’église La Borne UPN, a qualifié Joël Francis Tatu et ceux qui tiennent de telles affirmations de « faux prophètes » et de « troubadours », dénonçant une théologie spectacle qui détourne les fidèles du vrai message de l’Évangile.
De son côté, l’apôtre Roger Baka, autre voix influente de la communauté chrétienne kinoise, estime que « le temps de la fin de la carrière ministérielle de Joël Francis est arrivé », affirmant que « Dieu ne le compte plus parmi ses serviteurs ». Des mots lourds de sens qui traduisent une fracture ouverte dans le monde évangélique congolais.
Un choc spirituel pour les fidèles
Sur les réseaux sociaux, la controverse enflamme les débats entre fidèles choqués, défenseurs zélés de Joël Francis, et observateurs troublés par la tournure prise par le débat religieux. Les vidéos de ses déclarations ont été massivement partagées, accompagnées de commentaires dénonçant une tentative de réinterprétation dangereuse des Écritures.
Vers une crise de leadership religieux ?
Cette polémique pose la question du discernement doctrinal et de la prolifération des enseignements non orthodoxes dans certaines églises charismatiques. Alors que le public chrétien congolais devient de plus en plus critique, cette affaire pourrait bien réveiller un débat plus large sur l’encadrement des prédications et la redevabilité des « hommes de Dieu ».
Joseph Kalupala






