Longtemps moqué, aujourd’hui salué : la posture de Vital Kamerhe, Président de l’Assemblée nationale, en faveur du dialogue avec les groupes armés refait surface avec un tout autre regard, alors que les pourparlers de Doha sont aujourd’hui largement soutenus sur la scène nationale et internationale.
Lorsque Vital Kamerhe plaidait, il y a quelques mois, pour une approche inclusive et réaliste dans la résolution de la crise sécuritaire à l’Est de la République Démocratique du Congo, il essuyait critiques et incompréhension.

Certains y voyaient une faiblesse.
D’autres y décelaient une trahison des principes républicains.
Et pour une frange de l’opinion, parler aux rebelles revenait à leur donner une tribune.
Mais aujourd’hui, le climat a changé. Les négociations de Doha entre le gouvernement congolais et la coalition armée AFC/M23, pourtant dénoncées hier, sont désormais perçues comme une option stratégique, voire inévitable, dans le long processus de restauration de la paix dans les provinces de l’Est.
Kamerhe, l’homme du consensus… mal compris ?

Homme d’État expérimenté, ancien directeur de cabinet du chef de l’État et figure centrale du Parlement, Vital Kamerhe n’a jamais fait mystère de sa conviction : la paix durable passe par le dialogue, même le plus difficile.
Dans un contexte où les armes ont souvent prévalu sur la diplomatie, sa voix appelant à la désescalade, au contact direct avec les belligérants et à la reconstruction communautaire a parfois sonné comme dissonante, voire isolée.
Pourtant, l’histoire récente donne à réfléchir : le langage du feu a échoué là où le langage de la négociation pourrait ouvrir des portes.
Doha : la confirmation d’une vision anticipée
Le lancement des discussions à Doha a marqué un tournant majeur dans l’approche gouvernementale. Salués par les chancelleries, suivis de près par les observateurs régionaux, ces pourparlers redonnent crédit à la stratégie prônée par Kamerhe.
Loin de réclamer une gloire personnelle, l’homme d’assemblée observe aujourd’hui en silence le ralliement progressif de ses détracteurs à sa ligne de pensée.
Vital Kamerhe : mal aimé ou en avance sur son temps ?

Cette dynamique relance un vieux débat autour de sa personnalité :
- Est-il un homme politique sous-estimé dans sa finesse stratégique ?
- Ou victime d’une image publique parfois brouillée par ses adversaires politiques ?
- Ou tout simplement incompris dans une société où la politique du compromis est souvent mal perçue ?
Dans tous les cas, le présent donne du relief au passé, et les faits finissent souvent par trancher là où les opinions s’affrontaient.
Conclusion
Dans une République en quête de stabilité et de cohésion, la lucidité politique de figures comme Vital Kamerhe mérite d’être reconsidérée, au-delà des clichés et des querelles partisanes.
Loin d’un revirement, les négociations actuelles confirment que parfois, avoir raison trop tôt, c’est être perçu comme ayant tort.
Charles Muzadi






