La capitale congolaise fait face à une nouvelle configuration du calvaire quotidien des automobilistes : à force d’éviter les interminables embouteillages sur les grandes artères menant au centre-ville, les conducteurs se rabattent désormais massivement sur les rues secondaires des quartiers. Résultat : les communes comme Kinshasa et Lingwala sont à leur tour congestionnées.
Depuis plusieurs mois, les axes principaux tels que le boulevard du 30 juin, l’avenue de la Libération (ex-24 Novembre) ou encore le boulevard Sendwe sont devenus synonymes d’interminables bouchons, surtout aux heures de pointe. Face à cette réalité, nombreux sont les automobilistes qui tentent de contourner ces artères en empruntant les rues de quartiers, espérant gagner du temps.
Mais cette stratégie se retourne contre eux. Les avenues secondaires, non conçues pour supporter un tel volume de circulation, se retrouvent vite saturées. À Kinshasa et Lingwala, certaines rues habituellement tranquilles sont désormais paralysées du matin jusqu’en début d’après-midi. Piétons, motocyclistes, taxis et véhicules privés se disputent difficilement l’espace disponible, rendant la circulation encore plus chaotique.
« Même dans notre quartier, on ne peut plus sortir facilement avec une moto. Les voitures envahissent toutes les petites rues. C’est devenu invivable », se plaint un habitant de l’avenue Kasa-Vubu.
Ce phénomène a également des répercussions sur les activités commerciales locales et le quotidien des riverains. Le stationnement anarchique, les klaxons incessants et la pollution sont devenus monnaie courante. Des écoles, des hôpitaux et des marchés de proximité subissent les effets collatéraux de cette saturation.
Les autorités municipales, conscientes de la situation, peinent encore à proposer des mesures concrètes. Des projets de fluidification du trafic et de réhabilitation de certaines voiries secondaires ont été annoncés, mais peinent à se matérialiser.
En attendant des solutions durables, la population continue à subir une double peine : celle des embouteillages sur les grandes artères et celle de la saturation des quartiers censés être un refuge. Une réalité qui appelle urgemment à une réforme de la mobilité urbaine à kinshasa
Joseph Kalupala






