Le procès très attendu de l’ancien ministre d’État en charge de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba, s’ouvre ce mercredi 9 juillet 2025 à la Cour de cassation à Kinshasa.
Après plusieurs semaines de tension autour de ce dossier, la justice congolaise entre dans une phase active en examinant des faits présumés de détournement de deniers publics, évalués à près de 19 millions de dollars américains, liés à un projet de construction d’une prison centrale à Kisangani.
Des fonds publics disparus
Le projet de construction de cette infrastructure carcérale, censée désengorger les prisons de l’Est du pays, n’a jamais vu le jour. Selon le parquet général près la Cour de cassation, la somme débloquée sous l’autorité de Mutamba aurait été allouée à une entreprise dont l’existence juridique reste douteuse. Aucune structure n’a été érigée sur le site prévu à Kisangani, et les traces de plusieurs prestataires se sont évaporées dans la nature.
Un procès sous haute surveillance
Ce procès intervient dans un contexte de fermeté politique affichée contre la corruption, alors que la gouvernance publique reste un sujet sensible en RDC. La levée des immunités parlementaires de Mutamba par l’Assemblée nationale, en juin dernier, a déjà marqué un tournant. Il s’agit désormais pour la Cour de dire le droit, dans un dossier aussi technique que politique.
Premiers enjeux de l’audience
Pour cette première audience, la Cour examinera les moyens préliminaires soulevés par la défense. Parmi eux, une requête en récusation du procureur général Firmin Mvonde, accusé d’animosité manifeste envers l’accusé.
Le camp Mutamba dénonce un procès politique visant à « l’éliminer de la scène publique » à la suite de sa récente rupture avec certains courants de la majorité présidentielle. Mais pour d’autres, il s’agit plutôt d’une occasion inédite de faire un exemple en matière de lutte contre l’impunité au sommet de l’État.
Une opinion publique en attente
La société civile et de nombreux observateurs appellent à un procès équitable, transparent et sans interférences. Plusieurs organisations citoyennes comptent suivre de près les audiences, qualifiées de « décisives » pour l’image de la justice congolaise.
« Ce procès ne doit pas être un règlement de comptes politique, mais un moment de vérité sur l’utilisation des fonds publics dans notre pays », déclare un acteur de la société civile basé à Kinshasa.
Et après ?
La suite des débats dépendra de la décision de la Cour sur les exceptions soulevées. Si elles sont rejetées, les audiences pourraient rapidement entrer dans le fond du dossier avec l’audition des témoins, la présentation des preuves, et les éventuelles confrontations.
Charles Muzadi






